Cérémonie de remise des diplômes et Table Ronde sur le thème “Urbanisation, Mobilité, Transport et Métropolisation”

L’accroissement démographique qu’a connu le Maroc, ces dernières décennies, a marqué profondément la dynamique d’urbanisation et la configuration de l’armature urbaine. Le processus d’urbanisation se développe de façon très rapide, en particulier dans la bande littorale. En l’espace de cinq décennies, la population urbaine a été multipliée par 6 en passant de 3,4 millions habitants en 1960 à 20,4 millions en 2014, soit une augmentation de 17 millions des urbains. Ainsi, le taux d’urbanisation qu’était de l’ordre de 29% en 1960 a grimpé en 2014 à 60,3%. Au rythme  actuel de l’accroissement de la population urbaine, deux marocains sur trois vivent en milieu urbain.

L’évolution accélérée de la population urbaine a généré la massification du phénomène urbain. Le dispositif urbain qui compte plus de 300 agglomérations en 2014, ne cesse de se multiplier et de se diversifier.  Les grandes villes, plus de 500.000 habitants, tendent, de plus en plus, vers le gigantisme. Elles sont en passe deconstituer des nébuleuses urbaines. Ces nouvelles formations urbainesont donné naissance à des espaces métropolitains qui se positionnent de plus en plus en tant que des aires urbaines structurantes du territoire national.  Il s’agit entre autres de Casablanca-Mohammadia, Rabat-Salé-Témara, Agadir-Inzgane-AitMelloul, Tanger-Tetouan,….

La croissance rapide des villes a modifié fondamentalement les caractéristiques de la consommation du sol tant dans leur aspect intensif que dans leur aspect extensif.La structure des espaces urbains et leurs interactions spatiales impliquent la mobilité aussi bien des personnes que des activités (Lacour C., 1998). La ville ne peut être conçue uniquement comme groupement de constructions et d’infrastructures, mais aussi comme un ensemble de mouvements qui s’opèrent, principalement entre le centre et la périphérie (Paulet, J. P.2000).

Aussi, la compréhension de la mobilité urbaine passe nécessairement par la détermination des complémentarités fonctionnelles entre la ville et ses zones périphériques à toutes les échelles spatiales, en vue de saisir sa contribution dans la reconfiguration des territoires métropolitains et leurs modes de production (DUPUY Gabriel, 2000).

L’étalement et l’éclatement de la ville qui se traduisent par l’éloignement des quartiers résidentiels des zones d’emploi ont contraint de nombreux ménages urbains, en l’absence d’un système de transport collectif performant, d’acquérir des voitures particulières, pour se déplacer à travers un espace urbain particulièrement éclaté et des services de plus en plus dispersés.

Ainsi, le mouvement de motorisation,au Maroc, a enregistré une multiplication inouïe. Le parc automobile nationaldépassait3,8 millions de véhicules en 2016, soit un taux de motorisation de 102 véhicules pour 1.000 habitants.

Un rapport étroit existe, donc, entre les formes urbaines et la structuration des réseaux de transport (Wiel M., 2013).Le plus important est d’élargir la recherche à l’ensemble des mobilités. L’enjeu est d’articuler les différentes formes de mobilité, appréhendées en termes de motifs, de durée, de fréquence ou encore de profil des individus.

La « hypermobilité » caractérisant nos grandes villes a des conséquences multi-scalaires : d’ordre spatial (étalement/fragmentation urbaine, encombrement…), d’ordre social (inégalités d’accès aux systèmes de transport, éloignement, effritement des relations sociales…) et d’ordre environnemental  (Pollution, dégradation des terres…).

La mobilité se présente sous plusieurs facettes entre la nécessité de bouger et les effets pervers de se mouvoir. De nombreux auteurs et universitaires se penchent sur les paradoxes de la mobilité en mettant en évidence l’ambivalence du concept en vue d’en faire un outil au service de la recherche, et ce à travers plusieurs registres les déplacements, les inégalités, les politiques des transports, la fabrication de la ville voire, des métropoles (KAUFMAN Vincent, 2012). 

Les objectifs escomptés de la table ronde sont entre autres :

  • Approfondir le débat autour de la relation entre urbanisation, mobilité et métropolisation;
  • Sensibiliser le grand public sur l’importance de l’articulation entre l’urbanisation, le transport et la mobilité des personnes et des marchandises, en couvrant tous les modes (Voiture particulière, transports collectifs, deux roues, marche à pied), et à différentes échelles territoriales en prenant en considération l’expertise internationale.

La table ronde comprend deux thématiques :

  1. Planification urbaine et mobilité durable ;
  2. Etude de cas sur l’expérience marocaine en planification du transport en commun (cas d’Agadir, Casablanca, Rabat,…)
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